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Echosens est une entreprise Française spécialisée dans les outils de diagnostic non-invasif en hépatologie humaine.  Echosens a récemment développé une version canine d’un dépistage de fibrose hépatique, basé sur des paramètres sanguins simples.

Dr Véronique Miette, vous avez été sollicitée par le Dr Lecoindre (Vétérinaire à la clinique des Cerisioz - Lyon) pour adapter une technique reconnue dans la médecine humaine en une pratique vétérinaire.

Véronique Miette

Véronique Miette, Directrice de la Recherche chez Echosens

 

Lors de vos premiers échanges avec le Dr Patrick Lecoindre sur l'idée de développer ce test de dépistage, avez-vous été immédiatement convaincue de son intérêt?

 

Historiquement, le Dr Lecoindre nous a contactés en 2010 pour nous solliciter sur l’adaptation du FibroScan®, - notre dispositif de mesure de l’élasticité hépatique chez l’humain - à l’hépatologie canine, afin de quantifier la fibrose du foie chez le chien.

Ce projet n’a pu aboutir compte tenu des problèmes techniques liés à la forte diversité des races de chiens et à leur taille.

Néanmoins, à travers cette première expérience, nous avons pris conscience de la prédominance des problèmes hépatiques au sein de la population canine, et réalisé qu’aucune solution diagnostique n’existait à ce jour : les vétérinaires se trouvaient donc dans l’obligation de réaliser des biopsies parfois non justifiées présentant un risque de souffrance et de complications pour l’animal. Le diagnostic était même, parfois, trop tardif pour prendre en charge l’animal. 

Echosens propose une famille de scores basés sur les résultats de paramètres sanguins permettant de quantifier la fibrose hépatique.  Il m’a paru alors intéressant d’adapter ces scores sanguins à l’hépatologie canine. Ils constitueraient un outil diagnostique facilement accessible pour le vétérinaire et sans risque pour l’animal. 

 

Quelle fut la 1ère étape pour adapter ce score de fibrose hépatique du patient humain au patient canin ? Quels ont été les principaux challenges à relever ?

 

La construction d’un score de fibrose basé sur la combinaison de paramètres sanguins n’est possible que par la collecte  de données biologiques et cliniques sur un panel de chiens représentatifs, que ce soit en termes de nombre, de races et d’atteintes hépatiques.

De nombreuses discussions scientifiques et médicales sur les races de chiens, les étiologies etc. ont eu lieu avec nos experts vétérinaires. Nous avons appliqué notre expérience méthodologique et scientifique acquise en médecine humaine : nous avons construit un protocole multicentrique définissant clairement les objectifs de l’étude, les critères d’inclusions des chiens, la qualité nécessaire de la biopsie réalisée, prenant en compte un maximum de données biologiques collectées dans les mêmes conditions. Nous avons centralisé l’analyse des échantillons sanguins au laboratoire de l’école vétérinaire de Lyon et fait relire toutes les biopsies par le Pr Chevallier, Anapatologiste.  

 

Les premiers vétérinaires sollicités pour collaborer au développement du test ont-ils été réceptifs au projet ? Et pourquoi ? 

 

Tous les vétérinaires sollicités ont été réceptifs car Echosens et le Dr Lecoindre leur proposaient de répondre à un vrai problème de prise en charge des chiens au quotidien grâce à une solution innovante et vraiment dédiée à l’animal et à sa pathologie.

Le bénéfice patient étant d’éviter des biopsies inutiles, ou au contraire de détecter plus tôt une pathologie asymptomatique mais grave pour l’animal.

Très souvent, les outils diagnostiques vétérinaires sont dérivés d’une utilisation en médecine humaine mais sans adaptation propre à l’animal. Ce projet était, par ailleurs, un projet de recherche avec une importante cohorte de chiens, réalisée  avec les plus grands experts vétérinaires Français référents dans le milieu de l’hépatologie canine.

 

Avez-vous rencontré des obstacles liés à d’éventuels particularismes de l’hépatologie canine ?

 

L’hépatologie canine est différente de l’hépatologie humaine car les chiens sont de races différentes, ont des particularités physiques (par exemple plusieurs lobes au foie) et des étiologies spécifiques en fonction des races (par exemple, la race du scottish terrier a une prédisposition aux hépatopathies vacuolaires).

Des questions se sont alors posées sur la variabilité des bilans biologiques suivant les races. De plus, l’histoire naturelle des maladies hépatiques fibrosantes sont très peu étudiées en vétérinaire contrairement à la médecine humaine.

Ces questions ont donné lieu à de nombreuses  réunions scientifiques et à d’autres idées de projets de Recherche mais n’ont pas constitué un frein pour l’étude.

 

Pouvez-vous nous parler de l’étude princeps ?

 

L’étude Princeps avait pour but de collecter les paramètres biologiques et histologiques sur une cohorte de 100 chiens recrutés en  soin courant chez les vétérinaires participant au protocole multicentrique.

Cette étude a été menée dans les règles éthiques en vigueur : le protocole a été approuvé par un comité éthique et l’ensemble des propriétaires d’animaux ont donné leur consentement. Les chiens sélectionnés étaient des chiens adultes présentant une suspicion de maladie hépatique (augmentation persistante des ALAT, profil enzymatique hépatique anormal) dans le cadre de leur suivi habituel. Le Dr Lecoindre a également fait un appel à participation  pour recruter un maximum de chiens.

 L’équipe de Recherche Echosens a organisé la collecte de data, s’est assuré de la qualité des données et a développé le score avec les avis médicaux des vétérinaires participants. Cette étude  a d’ailleurs démontré que 75 % des chiens ne présentaient pas de fibrose à la lecture de la biopsie. 

 

 

Des projets de développement d’autres produits chez le chien ou un autre animal sont-ils en cours? 

 

Oui, bien sûr. Ce premier score permet de dépister une fibrose hépatique chez le chien. Nous souhaiterions construire un score de suivi longitudinal de la maladie et dédier de nouveaux scores à des étiologies particulières comme les hépatopathies vacuolaires.